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Écologie, travail et emploi

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Reconversion écologique, travail, emploi et politiques sociales

Dominique Méda

Dominique Méda - Collège d'études mondiales
Nos sociétés sont confrontées à une possibilité radicalement nouvelle : laisser notre planète devenir inhabitable, à moins de mettre en œuvre les moyens permettant de l’éviter. La prise de conscience que le rythme de croissance des sociétés occidentales est insoutenable, qu’elles doivent changer de cap et leurs membres de comportements, et plus généralement que nos modes de production et de consommation doivent – dans un délai relativement court d’une vingtaine d’années – être profondément revus, commence à se développer.

Comment de tels changements peuvent-ils s’opérer ? Trois dimensions doivent faire l’objet d’une analyse:

  • le rôle de l’adoption de nouveaux indicateurs de richesse et de progrès (le changement est-il conditionné par l’adoption de nouveaux objectifs, critères et indicateurs ?) ;
  • la redéfinition des objectifs à atteindre, sa déclinaison temporelle, géographique et fonctionnelle et sa traduction dans un nouveau type de prospective (consistant non pas à prolonger des tendances et à construire des scénarios mais à spécifier des transitions à partir d’un objectif donné) ;
  • les rapports entre expertise et délibération démocratique dans le processus de changement (quels sont les avantages imaginés ou constatés d’un changement guidé par la délibération publique versus un changement décrété par des experts puis mis en place de façon autoritaire ?).

Les questions les plus urgentes concernent le rapport entre croissance et reconversion écologique : la seconde nécessite-t-elle un arrêt de la première, l’adoption d’un rythme de croissance radicalement différent autorisant un état stationnaire et si oui quelles sont les politiques publiques susceptibles d’accommoder voire de prévenir un tel choc, notamment en ce qui concerne l’emploi, le travail et les politiques sociales.

Certains États, localités ou groupes ont-ils déjà adopté de tels processus de changement, par quels moyens institutionnels, au moyen de quel type de débat public, en s’appuyant ou non sur une redéfinition de la prospérité ? Quel rôle ont joué et continue de jouer dans ces processus les organisations porteuses d’une cause (ONG environnementales…), les partis politiques, les syndicats, la société civile ? Quel renouveau démocratique ont-ils ou non provoqué ? Quels nouveaux objectifs et quels instruments de mesure ont-ils adopté ? Y a-t-il des pionniers ? Des résistants au type de développement actuel ?

Un frein important à la réflexion et la prise de conscience provient du cloisonnement des responsabilités et des disciplines. C’est cet obstacle que ce séminaire voudrait franchir en organisant la confrontation, le débat et la convergence des analyses des chercheurs de disciplines différentes (climatologues, biologistes, agronomes, philosophes, juristes, économistes, sociologues), de pays différents, mais aussi de praticiens différents (administrations, syndicats, ONG, partis politiques, porteurs de cause, associations…).


La Chaire de Dominique Méda est le fruit d'un partenariat entre la Fondation Maison des sciences de l'homme et l'Université de Paris Dauphine.

FMSH
Université Paris Dauphine