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Géopolitique appliquée

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Michel Foucher

Michel Foucher - Collège d'études mondiales

Les mutations considérables qui affectent les relations entre les nations, la réorganisation des rapports de force entre les puissances établies et les puissances émergentes, les difficultés ou les défaillances de l’anticipation et de la prospective imposent de réinvestir le champ des relations internationales.

L’époque actuelle est marquée par de réelles bifurcations géopolitiques et stratégiques qu’il convient de repenser à la fois dans ses composantes classiques, dans lesquels les nouveaux acteurs, développant une approche en termes d’intérêts nationaux, sont à l’aise, et ses éléments nouveaux en termes de vecteurs d’influence et d’enceintes de participation à la décision.  Les nouveaux formats de négociation se développent (G20, G 77, G8, G 2) ; les alliances sont moins stables ; les coalitions d’intérêt sont moins durables ; les registres du soft power se diversifient avec les progrès techniques. Ainsi l’Administration américaine met en avant le droit à la connectivité généralisée dans les Etats émergents de régime pré-démocratique.

Plusieurs champs d’études doivent être privilégiés, de manière non exclusive :  

  • l’essor des relations Sud-Sud, au plan diplomatique autant qu’économique, dans des aires d’intérêt pour la France et l’Europe (Turquie au Moyen Orient en Afrique ; Inde, Chine, Brésil en Afrique) ;
  • la capacité réelle des Etats à l’économie émergente à se doter des attributs de la souveraineté et à bâtir des capacités de puissance ;
  • la capacité des puissances établies à s’adapter aux nouvelles réalités qui leur échappent et à en tirer parti ;
  • la question des interventions diplomatico-militaires des pays occidentaux et des enjeux de légitimité qui leur sont liées ;
  • l’implication par les grands acteurs des structures régionales (Union africaine, Ligue arabe, Asean).

La bataille des cartes, de Michel Foucher
Pour appréhender ces transformations considérables, une voie classique consisterait à s’inspirer du passé. Une brève rétrospective signale que les « sociétés de pensée » (ou think tanks) qui ont perduré (Etats-Unis, Royaume Uni, Allemagne) furent créés à de périodes de bifurcation géopolitique, quand il fallait repenser les relations internationales et la géopolitique des grandes parties du monde, et ont su s’adapter aux temps nouveaux en ouvrant des bureaux là où ça se passe, de Doha à Pékin et Singapour, de Bruxelles à Cambridge, en organisant des conférences décentralisées, en multipliant l’intégration de chercheurs issues des acteurs émergents. Cette démarche est lente et coûteuse. Face aux mêmes défis théoriques et méthodologiques - nouveaux enjeux, nouveaux outils -, est créée une chaire en co-tutelle de la Fondation des Sciences de l’Homme et de l’Institut des hautes études de défense nationale.

La chaire Géopolitique appliquée a comme objectif final recherché de contribuer au renouvellement de la pensée et des outils d’analyse sur le nouvel état du monde dans une perspective géostratégique et opérationnelle, de structurer le dialogue avec des chaires homologues dans le monde, au-delà de l’Europe et des Etats-Unis, en s’ouvrant aux nouveaux acteurs et d’éclairer la réflexion stratégique des mécènes de la chaire.

Type de programme: 
Chaire