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Les nouvelles technologies entre utopie et dystopie

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Date: 
Mardi, 17 Novembre 2015 - 2:00pm
Mardi, 15 Décembre 2015 - 2:00pm
Mardi, 19 Janvier 2016 - 2:00pm
Mardi, 16 février 2016 - 2:00pm
Mardi, 15 Mars 2016 - 2:00pm to 6:00pm
Jeudi, 23 Juin 2016 - 2:00pm to 7:00pm

Suite aux événements du vendredi 13 novembre 2015, la séance du 17 novembre est annulée et reportée au mardi 15 décembre.

Séminaire animé par Alexandra Ivanovitch, Jean-Daniel Rainhorn et Imma Tubella

La science et les nouvelles technologies sont-elles toujours au service du progrès? Ou peuvent-elles également, lorsqu'elles sont utilisées sans limites, contribuer à l'avènement d'une société plus totalitaire, moins respectueuse de l'être humain?  Comme le rappelle H. Marcuse : "Les camps de concentration, les exterminations massives, les guerres mondiales, les bombes atomiques ne sont pas un « retour à la barbarie » mais l’application incontrôlée des progrès de la science, de la technologie et de la domination moderne".

Plusieurs romans de la littérature dystopique imaginent des sociétés qui pourraient correspondre à une évolution "naturelle" de nos systèmes sociopolitiques contemporains vers des formes de totalitarisme qui utiliseraient des technologies chaque jour plus sophistiquées pour asseoir leur pouvoir en contrôlant l'intimité des individus. Leurs auteurs décrivent des situations qui peuvent être perçues par le lecteur comme pouvant survenir dans un futur proche. Des livres comme : Nous autres de E. Zamiatine, Le meilleur des mondes d’A. Huxley, 1984 de G. Orwell, Fahrenheit 451 de R. Bradbury, La servante écarlate de M. Atwood ou plus récemment Never let me go de K. Ishiguro nous montrent un monde où l'individu est placé dans un univers déshumanisé et totalitaire, dans lequel les rapports sociaux sont dominés par la technologie et la science.

La lecture de ces ouvrages d'anticipation sociale nous permet de réfléchir à l'utilisation parfois abusive de certains des progrès de la science et des technologies qui sont progressivement entrés dans notre vie quotidienne au cours des trente dernières années et, en se banalisant, sont en train de profondément modifier nos comportements. La fascination pour la technologie tend à faire oublier son impact potentiel sur les libertés individuelles. Des pratiques que l'on retrouve dans les mondes imaginés par la littérature dystopique et que certains n’hésitent pas à qualifier de "déshumanisantes". Car que seront demain nos libertés fondamentales alors que notre courrier électronique et nos conversations téléphoniques peuvent déjà être écoutés par des agences spécialisées comme la National Security Agency (NSA) américaine? Qu'en sera-t-il de notre liberté de nous déplacer alors que nous sommes en permanence géo-localisables grâce à nos téléphones portables ou nos cartes de crédit? Que deviendront la reproduction humaine et la parentalité alors que prolifèrent dans le monde des banques de gamètes et des entreprises qui louent les services de femmes prêtes à faire des enfants pour d’autres? De quoi l'homme de demain sera-t-il fait puisque l'on peut aujourd'hui trouver des organes et des tissus à acheter sur le marché international pour remplacer ses propres organes défaillants ou traiter certains dysfonctionnements du cerveau grâce à des implants neuro-stimulateurs?

Loin de s'opposer aux progrès de la science et des technologies, le séminaire se propose d'ouvrir une discussion sur les conséquences sociales, humaines et éthiques de l’utilisation parfois non contrôlée de certaines technologies dans des domaines comme le numérique et la biomédecine, en les faisant entrer en résonnance avec certains des principaux ouvrages de la littérature dystopique.

Séminaire organisé en partenariat avec :

Equipe

Alexandra Ivanovitch, Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI)
Jean-Daniel Rainhorn, Collège d'études mondiales
Imma Tubella, Collège d'études mondiales

Programme

Mardi 15 décembre 2015, 14h-18h : Le numérique, la biotechnologie et la littérature dystopique

Maison Suger

La lecture des romans d'anticipation sociale nous renvoie à des événements qui font souvent les gros titres de l'actualité: surveillance du courrier électronique et des conversations téléphoniques; identification des comportements grâce aux ordinateurs, aux téléphones portables ou aux cartes de crédit; connaissance intime des individus par le recueil des données sur leur santé; utilisation de drogues ou d'implants pour modifier le fonctionnement du cerveau; nouvelles formes de reproduction humaine; remplacement des organes défaillants; etc. La technologie d'aujourd'hui n'est-elle pas en train de rejoindre les intuitions de la littérature dystopique? Une séance introductive qui posera les grandes questions qui seront débattues au cours du séminaire.

 

Mardi 19 janvier 2015, 14h-18h : La liberté de l’individu

Maison Suger

Les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont-elles des outils pour un meilleur "empowerment" individuel et collectif? Annoncent-elles de nouvelles formes de partage, de contre-pouvoir ou au contraire un contrôle social plus efficace qui pourrait être utilisé contre la liberté individuelle? Aussi bien les TIC que les biotechnologies offrent des possibilités de réaliser ce qui paraissait un rêve il y a peu : communiquer avec le reste du monde, bénéficier de connaissances jusqu'alors difficilement accessibles ou encore être informé en temps réel, mais également traiter des maladies, modifier son corps voire en augmenter les capacités en y introduisant des substances, des produits ou de l'électronique. Mais jusqu'où peut-on laisser la technologie nous envahir alors qu'au-delà de ses bienfaits, elle permet par ailleurs un contrôle ubiquitaire de notre vie au quotidien?

 

Mardi 16 février 2016, 14h-18h : Du corps fabriqué au corps manipulé

Maison Suger

Les progrès de la biomédecine ont connu une importante accélération au cours des trente dernières années. De nouvelles technologies sont apparues et ont apporté des réponses bénéfiques à de nombreux problèmes de santé qui jusqu'alors restaient sans solution.

Dans des domaines comme la génétique, le clonage thérapeutique, l'utilisation des cellules souches, la procréation médicalement assistée, les greffes d’organe et de tissus ou la stimulation du cerveau, la médecine connaît une véritable révolution. De nouvelles approches modifient radicalement la manière d’envisager la reproduction humaine, le traitement de certaines maladies chroniques, le remplacement d'organes et de membres défaillants ou encore le traitement de maladies mentales.

Des changements considérables qui posent des questions vertigineuses sur la définition et les limites de la vie, le rôle futur des prothèses permettant de prolonger l'existence, les nouvelles possibilités de contrôle chimique, électronique ou subconsciente du  cerveau ou encore l'utilisation du corps des autres pour l'amélioration de sa santé. Les majors de l'économie numérique l'ont bien compris en investissant des sommes considérables dans la robotique et le "transhumanisme".

Mais alors que devient l'être humain si sa vie, ses capacités de reproduction, le fonctionnement de ses membres, ses émotions, sa mémoire sont remplacés par des robots ? Ne sommes-nous pas en train d'entrer dans le Meilleur des Mondes ? L'homme maîtrise-t-il  encore la technologie ou comme le disait Albert Einstein : « la technologie a maintenant dépassé notre humanité »?

Invité : Pr. René Frydman, producteur de l'émission "Révolutions médicales", France Culture.

 

Mardi 15 mars 2016, 14h-18h : Acceptation ou résistance

Maison Suger

Peut-on aujourd'hui se protéger voire refuser d'utiliser les nouvelles technologies en les détruisant à l’instar des luddites détruisant les machines au début du XIXe siècle? Peut-on résister à la pression – à la fascination – que représentent les avancées biomédicales pour réparer son corps, allonger la vie ou se reproduire sans limites éthiques même si c'est au détriment d'autres êtres humains ? Peut-on encore se passer du numérique? Dans certains domaines nous avons atteint des points de non-retour. Refuser serait donc un combat d'arrière-garde. Faut-il alors interdire certaines pratiques ? Les réguler ? Les contrôler ? Comment ? Y a-t-il des alternatives ? Les romans dystopiques nous aident-ils à imaginer des formes de résistance ?

Invité : Henri Verdier, directeur interministériel du numérique et du système d'information de l'Etat français.

 

Jeudi 23 juin 2016, 9h-18h Colloque : les nouvelles technologies entre utopie et dystopie

Le France - Salle CNRS 638

Un colloque d'une demi-journée réunira les participants, les animateurs et des personnalités invitées pour une réflexion collective autour des questions qui auront émergé lors des quatre séances du séminaire. A noter la projection et la présentation du court-métrage dystopique "The Glass Fortress" par son réalisateur, Alan B.

Chaire: 
Inégalités, santé et humanitaire
Nouvelles technologies et éducation

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