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Livre : De l'intime, loin du bruyant Amour de François Jullien

Addthis

Paris, Grasset, 2013, 256 p.

Que n’avons-nous accordé bruyamment à l’ « Amour » ? Mais « je t’aime » réduit l’autre à n’être qu’un objet, fait de la passion un événement qui bientôt s’use et d’abord en appelle à la « déclaration » pour s’annoncer.

Or je préfèrerais être attentif au cheminement discret de l’intime – lui qui laisse tomber silencieusement la frontière entre l’Autre et soi, fait basculer d’un dehors indifférent dans un dedans partagé et vit inépuisablement des « riens » du quotidien, y découvrant l’inouï de l’être auprès.

Intimus, dit le latin, ou « le plus intérieur ». Mais on ne promeut de plus intérieur de soi qu’en s’ouvrant à l’extérieur de l’Autre, montre Augustin.

Façon donc de se débarrasser de l’éternel du « cœur » humain, puisque nous aurons à suivre, d’Augustin à Rousseau (et Stendhal), comment cet intime en vient à se transporter de Dieu dans l’humain en Europe – est-ce ce qui fait « Europe » ? – et peut servir de départ à la morale.

Gageure aussi pour la philosophie. Car ce que nomme ainsi l’intime n’est-il pas, de droit, ce qui résiste le plus farouchement à la prise du concept ?

Chaire: 
L'altérité

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