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Working paper : Ce que révèle le discours des acteurs officiels sur un « au-delà du PIB »

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Géraldine Thiry, Léa Sébastien, Tom Bauler,Ce que révèle le discours des acteurs officiels sur un « au-delà du PIB », FMSH-WP-2014-78, novembre 2014.

L’objectif d’un « au-delà du PIB » mobilise de nombreux acteurs, aux statuts, objectifs et visions très différents. La diversité, souvent diffuse, d’échelles institutionnelles, d’approches théoriques et de positionnements normatifs vis-à-vis de l’opportunité et des motifs d’un « au-delà du PIB » rend les débats confus, les positionnements peu clairs, et les rapports de force difficilement identifiables. Mais de quoi les débats actuels sont-ils le signe ? Aller « au-delà du PIB » serait-il un objectif rhétorique par défaut, en l’absence de stratégie crédible de sortie de crise ? Constitue-t-il une fenêtre d’opportunité à la mise en débat de questions de société difficilement abordables par ailleurs, et non une fin en soi ? Ou au contraire cristallise-t-il un volontarisme militant, désireux d’amorcer un véritable changement paradigmatique ? Nous tentons de répondre à cette question par l’analyse de discours d’acteurs officiels (politiques, techniciens et administratifs) impliqués et non-impliqués dans la poursuite d’un « au-delà du PIB ». Il ressort qu’au niveau des sphères officielles, les débats sur « un-delà du PIB », s’ils font entrer en ligne de compte de nouveaux enjeux comme le bien-être ou la soutenabilité, ne participent pas à éroder la centralité de la « croissance du PIB». Les débats s’avèrent dominés par une certaine forme de pragmatisme, les intérêts dominants étant centrés sur des contraintes et objectifs de court-terme, dont la croissance économique semble toujours considérée comme un élément indispensable. L’intérêt des acteurs pour de nouveaux indicateurs relève donc plus d’une volonté et/ou d’une nécessité d’adapter les modalités de gestion publique et/ou les politiques publiques à de nouvelles contraintes que d’une remise en question plus fondamentale du modèle productiviste sur lequel les économies sont bâties depuis plus de soixante ans.

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Les auteurs

Géraldine Thiry est chercheure post-doctorale au Collège d’Etudes Mondiales (FMSH-Paris), au sein de la Chaire du Prof. Dominique Méda, «Reconversion écologique, travail, emplois et politiques sociales». Après avoir obtenu un diplôme de deuxième cycle en sciences politiques (relations internationales) et deux masters en économie à l’Université Catholique de Louvain (UCL), elle a réalisé un doctorat en sciences économiques (obtenu en mai 2012, à l’UCL). Entre septembre 2012 et décembre 2013, elle a été chercheuse au sein du projet européen FP7 «BRAINPOoL» (BRinging Alternative INdicators into POLicies) à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Ses principaux domaines de recherche sont les nouveaux indicateurs de richesse, la socio-économie de la quantification, la comptabilité critique et l’économie écologique.

Léa Sébastien est enseignante-chercheure à l’Université Toulouse II, Laboratoire CNRS GEODE depuis 2010. Elle y étudie l’usage politique des indicateurs de développement durable et les conflits environnementaux. Après des études effectuées à l’Université McGill au Canada, elle a terminé une thèse à l’Ecole des Mines en 2006 sur la gouvernance des ressources naturelles, au cours de laquelle elle mit sur pied un modèle d’aide à la négociation environnementale intitulé l’Acteur en 4 Dimensions. Niveau recherche, Léa Sébastien a été chercheure senior à l’Université de Bruxelles de 2008 à 2010 où elle était en charge de projets européens FP7 (POINT ; CEECEC) ; elle a également effectué un post-doctorat en 2007 à l’IFREMER sur les jeux d’acteurs en zones humides. Ses thèmes de recherche touchent particulièrement l’étude des interactions entre rapports sociaux et rapports à la nature, les politiques publiques de l’environnement, les indicateurs de développement durable et la gouvernance territoriale. Auteure de nombreuses publications internationales, elle a notamment réalisé un ouvrage scientifique en 2002 portant sur les potentialités de gestion durable en forêt privée, intitulé : «Forêt cherche propriétaire pour relation durable » (Editions ECOFOR, 2002).

Tom Bauler est professeur à l’Université libre de Bruxelles – ULB (Ingénieur, Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménagement du Territoire – IGEAT). Il est titulaire de la Chaire Economie et environnement. Il est également l’auteur de plusieurs publications et associé à de nombreux projets et réseaux de recherche sur les liens entre politique environnementale et économie. Détails sur http://igeat.ulb.ac.be/fr/equipe/details/person/tom-bauler/

Le texte

Ce texte est issu d’une collaboration entre la Chaire du prof. Dominique Méda, « Reconversion écologique, travail, emploi et politiques sociales  », l’Université de Toulouse II (Le Mirail) et l’Université Libre de Bruxelles. Géraldine Thiry a bénéficié d’un soutien financier du septième programme-cadre de l’Union européenne (FP7/2007-2013 - MSCA-COFUND) en vertu de la convention de subvention n°245743 – Programme de bourses post-doctorales Braudel-IFER-FMSH, en collaboration avec la Chaire du Prof. Dominique Méda.

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Chaire: 
Écologie, travail et emploi

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